10 octobre 2009

Breathe




Soudain, il se lève, se jette en direction de la fenêtre. Et dans sa précipitation, il perd la notion des choses qui l'entourent et renverse tout sur les deux mètres qui le séparent de l'air salvateur. Son tibia heurte violemment la table basse au milieu de la pièce, il tombe à la renverse mais se relève aussitôt, sans même se rendre compte qu'il s'est fêlé l'os. Le besoin d'oxygène, ou en tout cas ce qu'il comprend comme tel, est trop fort et éclipse toute autre sensation. Il ne ressent plus la douleur physique, comme la proie en fuite devant son prédateur qui fuit jusqu'à littéralement tomber morte. Parce que tout tenter vaut mieux que perdre tout pour un instant de faiblesse. Il a besoin d'air, il étouffe. Même s'il a senti cette sensation venir, il ne s'en est pas inquiété, parce que plutôt agréable dans un premier temps. L'étouffement engourdissait ses sens, comme avec un verre d'alcool il se sentait plus léger, plus insouciant. C'est seulement quand il a réalisé qu'il suffoquait, que l'oxygène n'alimentait plus son corps, seulement quand son coeur et ses poumons ont tiré la sonnette d'alarme, qu'il a réalisé qu'il lui fallait agir au plus vite.

Il se lève d'un coup et se jette en direction de la fenêtre, sur la poignée. Aux limites de la conscience, il tente d'abord de l'ouvrir en tournant la poignée vers la droite, chose qu'il n'aurait jamais faite dans son état normal. Maintenant ce ne sont plus seulement ses sens qui sont touchés par le manque d'oxygène, c'est aussi son discernement. Quand il parvient enfin à ouvrir cette maudite fenêtre, dans un mouvement violent pour happer la plus grande quantitié d'oxygène de l'extérieur, il manque de passer par la fenêtre.

L'oxygène, qui paraît tout à fait pure en comparaison à l'étouffement duquel il était la proie l'instant d'avant, le brûle. Cet air glacial et pourtant si vital se précipite dans tous les interstices de son corps, le glace de l'intérieur. Mais cette douleur, il la supporte avec plaisir, car il sait qu'elle est synonyme de salut. Il revit.



Ears: "The Mundane And The Magic", Dark Tranquillity
Brain: Do something, or you'll suffocate.

Aucun commentaire: